FONCTION PUBLIQUE : Le Gabon passe à la notation à 360 degrés pour ses agents publics
Fini la note unique et confidentielle du chef de service.
L e gouvernement gabonais s'apprête à bouleverser le système d'évaluation des agents de l'Etat. Selon le membre du gouvernement, un nouveau modèle de notation à quatre niveaux va être instauré pour rendre l'administration plus performante et plus transparente.
Une réforme majeure qui s'inscrit dans la droite ligne de la stratégie de modernisation de l'administration engagée depuis 2025, avec l'harmonisation des procédures et la digitalisation des services publics.
Le principe : une évaluation à 360° Le futur système ne reposera plus sur le seul pouvoir d'appréciation du supérieur hiérarchique. Il s'articulera autour de quatre piliers complémentaires :
1. L'auto-évaluation de l'agent. Chaque fonctionnaire devra d'abord s'évaluer lui-même sur la base de sa lettre de mission ou de sa fiche d'objectifs. Une démarche de responsabilisation qui vise à pousser l'agent à mesurer son propre rendement. 2. L'évaluation par le supérieur hiérarchique. Le mécanisme classique est maintenu. Le chef de service direct conserve le pouvoir de notation, sur la base des résultats attendus et des résultats atteints. Une évaluation qui, comme le prévoit la réglementation, doit rester motivée sous peine de sanction pour appréciation abusive ou complaisante. 3. La notation inversée et anonyme du supérieur par l'agent. C'est la grande nouveauté. Pour la première fois, les agents pourront noter, de manière anonyme, leur supérieur hiérarchique sur ses qualités managériales, sa capacité d'écoute et son leadership. Un contre-pouvoir inédit destiné à assainir les relations de travail. 4. L'avis des usagers via des bornes digitales. L'usager devient évaluateur. Des bornes numériques seront installées dans les services publics pour recueillir en temps réel la satisfaction des citoyens sur l'accueil, la rapidité et la qualité du service rendu. Cette mesure s'appuie sur l'ordonnance sur l'e-gouvernement qui impose la digitalisation des prestations pour améliorer la traçabilité et lutter contre la corruption.
Avec ce système à 360 degrés, le gouvernement veut doter l'administration d'un cadre transparent et axé sur les résultats, où la performance ne se mesure plus seulement par l'ancienneté, mais par le service rendu et la qualité du management.
Le décret fixant les modalités et les critères précis de cette nouvelle grille devrait être pris en Conseil des ministres dans les prochaines semaines.
