Dette intérieure : Le défibrillateur de 51 milliards d'Oligui Nguema
L'injection vitale : Quand rembourser sa dette devient une arme de relance.
5 1 milliards pour désasphyxier l'économie réelle. L'État paie enfin, l'économie respire en activant le multiplicateur interne et il améliore la Trésorerie des entreprises.
Libreville, 11 août 2026 - En débloquant 51 milliards de FCFA au titre de la dette intérieure, le Président Brice Clotaire Oligui Nguema ne fait pas une opération de trésorerie, il opère un choix doctrinal : privilégier la soutenabilité de l'économie réelle sur la seule soutenabilité comptable. L'opération, annoncée le 10 août, est structurée en deux enveloppes complémentaires qui révèlent une lecture fine des blocages actuels.
Lever l'effet d'éviction domestique : Pendant trois ans, l'accumulation d'arriérés a produit un effet d'éviction massif. Les 21 milliards décaissés pour solder 1 478 ordonnances de paiement (BTP, entretien, agroalimentaire) visent le cœur du problème : la faillite silencieuse des PME sous-traitantes de l'État. En finance publique, c'est le syndrome du "tueur silencieux". Chaque jour d'impayé détruit du capital circulant. Cette injection est donc une reconstitution directe de fonds propres pour éviter les défaillances en chaîne.
Préserver les devises de demain : Les 30 milliards alloués au remboursement des crédits de TVA des filières Forêt-Bois et minière relèvent d'une autre logique : la préservation de la compétitivité-prix. Ces deux secteurs, qui assurent l'essentiel des recettes d'exportation hors pétrole, subissent un double choc : effondrement de la demande internationale et trésorerie gelée à Libreville. Les rembourser, c'est éviter de transformer une crise conjoncturelle externe en crise structurelle interne.
Une relance à coût budgétaire nul : C'est là toute l'intelligence de la mesure. Il ne s'agit pas de dépense nouvelle, mais de reconnaissance d'une dette existante. L'impact sur le déficit est nul, mais l'impact sur l'activité est maximal. C'est de la relance keynésienne sans creusement du déficit. Chaque franc injecté restera dans le circuit CEMAC, contrairement au service de la dette extérieure qui, lui, sort du pays.
Le défi sera désormais la régularité. Une injection ponctuelle soigne, seule une discipline de paiement durable guérit. La création d'un guichet unique de paiement à 90 jours maximum doit être la prochaine étape pour ancrer la confiance.
