Fer de Belinga : Fortescue annonce 235 milliards sans aucun contrôle, le Gabon face au risque d'une dette non-audité de 2.500 milliards
Fer de Belinga : Ne pas revivre le scénario Paramount / Bosch Capital
F ortescue Belinga chiffre unilatéralement ses investissements à 420 millions de dollars avant même la production. Sans audit de l'État, ces montants pourraient devenir une créance exigible contre le Gabon, revendue demain à un fonds vautour qui pourrait réclamer plus du triple du prix avec les intérêts. Le scénario est écrit d'avance et le Gabon l'a déjà vécu. Une multinationale annonce unilatéralement des centaines de milliards d'investissements en phase d'exploration, sans qu'aucune contre-expertise de l'État ne valide les chiffres. Demain, si le contrat est rompu ou si l'État ne tient pas ses engagements, ces montants deviennent une facture présentée devant un tribunal arbitral international. C'est exactement ce que Fortescue est en train de construire à Belinga.
Le chiffre est lâché, sans aucun garde-fou. 420 millions de dollars, soit 235 milliards de FCFA déjà engagés en exploration. Annoncé par Fortescue Belinga lui-même, relayé sans vérification. Qui a contrôlé ce montant ? Quelle administration a audité les factures, les contrats de sous-traitance, les coûts réels d'exploration ? Personne. C'est là que réside le danger mortel pour la souveraineté du Gabon.
Dans tous les contrats miniers léonins, la phase d'exploration est la fabrique à créances. L'opérateur gonfle unilatéralement ses coûts. Il les fait publier. Et le jour où il y a désaccord, il traîne l'État devant le CIRDI à Washington pour réclamer le remboursement de son "investissement" supposé, plus le manque à gagner futur. Fortescue annonce déjà la suite : 4,4 milliards de dollars d'investissements à venir, soit 2.500 milliards de FCFA. Si demain le Gabon veut renégocier, imposer plus d'emplois locaux ou plus de sous-traitance, Fortescue pourra dire : "Vous me devez déjà 235 milliards, et vous me faites perdre 2.500 milliards de profits futurs." Et le pire est à venir. Comme nous venons de le voir avec Bosch Capital et Paramount, cette créance artificielle de 235 milliards pourra être cédée demain à un fonds vautour. Qui réclamera non plus 235 milliards, mais 700 milliards avec intérêts, pénalités et frais d'arbitrage, avec ultimatum et menaces de saisie des cargaisons de pétrole gabonais. Les 1.400 emplois annoncés dont 82% de l'Ogooué-Ivindo et les 50 étudiants envoyés en Australie ne doivent pas servir de rideau de fumée comptable.
L'État gabonais doit agir immédiatement avant qu'il ne soit trop tard : 1. Audit financier immédiat et contradictoire : Mise sous séquestre de toutes les déclarations d'investissement de Fortescue Belinga. Expertise par un cabinet international indépendant payé par l'État, pas par l'opérateur, et contre-expertise par la Cour des Comptes. 2. Gel de la valorisation : Aucun montant d'investissement ne peut être opposable à l'État gabonais s'il n'a pas été préalablement validé, facture par facture, par la Direction Générale des Mines et la DGI. 3. Clause anti-fonds vautour : Insérer d'urgence un avenant interdisant toute cession de créance liée au projet Belinga à un tiers sans accord exprès et préalable de l'État gabonais en Conseil des Ministres.
Belinga ne doit pas devenir le prochain dossier à 300 millions de dollars devant les tribunaux. Le fer de Belinga appartient aux Gabonais. Son coût, lui, doit être contrôlé par les Gabonais.
