BOLA : L’OUGANDA TOURNE LA PAGE, LA RDC RESTE SOUS PRESSION
Après 42 jours sans nouveau cas, Kampala obtient la fin officielle de l’épidémie. En RDC voisine, le virus continue de circuler et met les capacités de riposte sanitaire à rude épreuve.
L ’OMS et les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) ont confirmé, le 27 août 2026, la fin de l’épidémie d’Ebola en Ouganda. Le pays avait enregistré 20 cas confirmés et deux décès liés au virus Bundibugyo. Mais cette victoire sanitaire reste fragile : en République démocratique du Congo, la même souche continue de provoquer une flambée d’une ampleur exceptionnelle.
Le succès ougandais face au virus L’Ouganda peut désormais souffler, sans pour autant baisser la garde. Après 42 jours consécutifs sans nouveau cas confirmé, l’OMS a officiellement validé la fin de l’épidémie d’Ebola provoquée par le virus Bundibugyo. Déclarée le 15 mai 2026, l’épidémie avait fait 20 cas confirmés et deux décès. La majorité des contaminations était liée à une importation depuis la République démocratique du Congo, avec 15 cas importés et cinq contaminations acquises localement. Le délai de 42 jours n’est pas symbolique. Il correspond à deux fois la durée maximale d’incubation retenue pour cette maladie et constitue le seuil international permettant de confirmer qu’aucune chaîne de transmission n’a été détectée. Pour Kampala, cette issue démontre surtout l’efficacité d’une riposte rapide : identification des cas, suivi des contacts, prise en charge médicale, surveillance renforcée et contrôle des mouvements aux frontières. L’OMS et l’Africa CDC soulignent néanmoins que le risque de réintroduction demeure, compte tenu de la circulation persistante du virus en RDC.
En RDC, une épidémie d’une ampleur exceptionnelle : À quelques kilomètres de là, le scénario est radicalement différent. La République démocratique du Congo fait face à une flambée majeure de maladie à virus Bundibugyo. Selon les dernières données disponibles de l’OMS, l’épidémie s’est étendue à plusieurs provinces et reste particulièrement active en Ituri, son principal foyer. Au 12 août, l’OMS recensait 4 665 cas confirmés et 2 184 décès en RDC, soit une létalité de 46,8 %. L’ampleur de cette flambée dépasse désormais celle de l’épidémie congolaise de 2018-2020. L’OMS la considère comme la plus importante épidémie d’Ebola jamais documentée en RDC. La difficulté ne réside pas uniquement dans le virus. Les équipes sanitaires doivent également composer avec l’insécurité, les déplacements de populations, les mouvements transfrontaliers et les difficultés d’accès à certaines zones. Des attaques contre des structures et personnels de santé ont également compliqué les opérations de surveillance et de prise en charge.
Une frontière qui ne protège pas du virus : La fin de l’épidémie en Ouganda ne signifie donc pas la fin de la menace régionale. La proximité géographique entre les deux pays, les déplacements de populations et les échanges transfrontaliers maintiennent un risque permanent de réintroduction. C’est précisément pourquoi l’OMS insiste sur la nécessité de conserver une surveillance élevée en Ouganda tout en renforçant la riposte en RDC. Mais que faut-il réellement comprendre ? Le contraste entre Kampala et Kinshasa révèle une réalité simple : Ebola peut être contenu lorsque la détection est rapide, que les contacts sont suivis et que les communautés adhèrent aux mesures sanitaires.
L’Ouganda vient d’en apporter la démonstration. Mais tant que la transmission reste active en RDC, la victoire ougandaise demeure sous surveillance. Dans cette crise, le véritable enjeu n’est donc plus seulement de déclarer un pays débarrassé du virus, mais d’empêcher que celui-ci ne franchisse à nouveau les frontières. La bataille contre Ebola ne se gagne pas pays par pays. Elle se gagne par une riposte régionale coordonnée.
