Gare routière, marché Mont-Boué de Libreville : le commerce du sexe au grand jour, des prestations annoncées dès 1 500 FCFA
À la Gare routière de Libreville, le commerce du sexe s’exposerait désormais au grand jour, au cœur d’un des espaces les plus fréquentés de la capitale.
P restations proposées à partir de 1 500 FCFA, transactions en pleine journée et clients issus de différents milieux : notre enquête met en lumière un commerce du sexe qui se développe à la Gare routière et au marché Mont-Bouët. Une réalité observée sur le terrain qui soulève une question : que font les autorités face à ce phénomène qui semble se dérouler au vu et au su de tous ?
À la Gare routière de Libreville, on vend presque tout. Des vêtements, des manuels scolaires, de la nourriture… et apparemment, depuis quelques années, même le sexe a trouvé son étal. Le constat est sans appel : derrière les commerces qui font la réputation de la gar routière et du marché Mont-Boué, le plus vieux metiers du monde prospère en pleine lumière. Celui du sexe. Ici, pas besoin de pousser une porte ou de chercher une adresse cachée. Tout se négocie à ciel ouvert, au vu des usagers et dans un lieu pourtant très fréquenté. Selon les témoignages recueillis sur place, certaines prestations seraient proposées à partir de 1 500 francs CFA. Oui, vous avez bien entendu. Des femmes proposent leurs services, des clients viennent se servir et, selon les témoignages recueillis, des personnes issues de différents milieux fréquenteraient également ces lieux. Fonctionnaires, commerçants, usagers de la gare… le phénomène semble avoir dépassé le simple cadre d’un commerce clandestin.
Mais la véritable question est ailleurs. Comment une telle situation peut-elle perdurer en pleine Ve République, dans un espace aussi fréquenté de Libreville ? Qui contrôle ce secteur ? Qui surveille ce qui s’y passe ? Et surtout, les autorités compétentes sont-elles réellement informées de l’ampleur du phénomène ? Plus surprenant encore, le phénomène ne concernerait désormais plus uniquement des ressortissantes camerounaises, en majorité sur le site. Des Gabonaises, au grand déshonneur de nos ancêtres, seraient également entrées dans ce circuit, avec parfois des tensions palpables entre différentes communautés.
À force de regarder ailleurs, on finit par ne plus voir ce qui se passe juste sous notre nez. Alors, qui fait semblant de ne rien voir lorsque le problème, lui, nous regarde tous droit dans les yeux ? Ce que nous avons constaté sur le terrain n’est ni une rumeur ni une scène de fiction. C’est une réalité observée dans l’un des marchés les plus fréquentés de Libreville. Un commerce parallèle qui s’installe, des transactions qui se poursuivent et des interrogations qui restent entières. Au Gabon, les discours des activistes suffisent à déclencher l’indignation générale. Mais un commerce du sexe en pleine ville, à des heures ouvrables, au vu et au su de tous ? Silence radio. Sur Internet, tout le monde voit tout ; dans la rue, que dis-je, dans la vraie vie, bizarrement, tout le monde devient aveugle. Véritable ironie… de qui se moque-t-on ?
