Le Capal : le marché du poisson contrôlé par les migrants et le projet Gab Pêche à l’arrêt
Pêche artisanale à Libreville : financement des sorties, circuits de débarquement contournés et projet GAB Pêche à la peine, notre enquête interroge le fonctionnement du CAPAL.
A u CAPAL de Lalala, notre équipe s’est intéressée aux mécanismes de commercialisation du poisson et aux difficultés rencontrées par les pêcheurs gabonais. Entre financement privé des sorties, débarquements hors circuit officiel et retard dans la livraison des pirogues du projet GAB Pêche, plusieurs témoignages soulèvent des interrogations sur la gestion de la pêche artisanale à Libreville.
Pêche artisanale à Libreville : notre équipe s’est rendue sur le terrain. Et ce que nous avons découvert ressemble davantage à un système bien verrouillé qu’à un simple marché de poissons. Bienvenue au CAPAL, à Lalala, dans le 5ᵉ arrondissement de Libreville. Sur le papier, ce centre doit organiser la pêche artisanale, encadrer les débarquements, accompagner les pêcheurs et faciliter la commercialisation. Mais sur le terrain, c’est une autre histoire. Ici, certains acteurs étrangers financent les sorties de pêche. En retour, les captures leur sont vendues en priorité. Résultat : le Gabonais peut se retrouver à acheter son propre poisson auprès d’un intermédiaire avant de revenir le revendre… plus cher.
Et comme si cela ne suffisait pas, plusieurs bateaux ne débarquent plus régulièrement au CAPAL. Certains choisissent d’autres points de débarquement pour écouler leurs produits en dehors du circuit officiel et à des prix supérieurs à la grille appliquée. Alors, qui contrôle quoi ? Et puis arrive le fameux GAB Pêche : 40 pirogues annoncées, moins d’une dizaine livrées. Pour les autres : conformité, construction, administration… bref, la grande famille des justifications ! Sur place, même l’administration reconnaît ses limites. Une commerçante gabonaise a accepté de nous parler, mais visage flouté, par peur de représailles. Alors forcément, l’ironie s’impose : CAPAL, centre d’appui à la pêche artisanale… ou véritable mafia du poisson ? Attention, nous ne parlons pas ici de mafia au sens criminel du terme. Mais lorsqu’un système semble verrouiller l’accès au poisson, contourner les circuits de débarquement et laisser les professionnels nationaux au bord du quai, la comparaison devient difficile à éviter.
En pleine Ve République, une question demeure : qui tient réellement les filets de la pêche artisanale à Libreville ? Notre équipe n’a pas trouvé la réponse dans les bureaux. Nous l’avons cherchée sur le terrain. À vous d'en juger vous-même..
