Sommet Russie-Afrique 2026 : un rendez-vous stratégique pour l’Afrique, et un test pour le Gabon
À Moscou, les 28 et 29 octobre, le troisième sommet Russie-Afrique devrait mettre l’accent sur le commerce, l’énergie, la sécurité alimentaire, les technologies et les investissements. Pour Libreville, l’enjeu sera de transformer le dialogue diplomatique en projets concrets.
L e troisième Sommet Russie-Afrique se tiendra les 28 et 29 octobre 2026 à Moscou, conformément au décret présidentiel russe du 25 mars 2026. Il réunira chefs d’État et de gouvernement, représentants des administrations africaines, organisations régionales, entreprises et experts. L’Union africaine et Moscou présentent la rencontre comme une étape destinée à donner un nouvel élan à leur partenariat, notamment dans le commerce, l’investissement, l’énergie, les infrastructures, l’agriculture, la sécurité, les sciences et les technologies.
Pour l’Afrique, une plateforme de diversification Après Sotchi en 2019 et Saint-Pétersbourg en 2023, le rendez-vous de Moscou intervient dans un contexte où de nombreux États africains cherchent à diversifier leurs partenaires économiques, technologiques et diplomatiques. L’intérêt du forum réside notamment dans la possibilité de négocier des investissements, des transferts de technologies, des accords commerciaux et des projets énergétiques ou agricoles. L’agenda annoncé pour 2026 doit également accorder une place importante au numérique, à l’intelligence artificielle, aux systèmes de paiement et à la sécurité alimentaire, en plus des secteurs traditionnels comme l’énergie et les infrastructures. L’Union africaine souligne, de son côté, l’importance du commerce, de l’investissement, de l’industrialisation et de la transformation locale des ressources africaines. Pour les pays africains, l'enjeu sera donc moins la multiplication des annonces que leur traduction en contrats, financements, infrastructures, emplois et capacités industrielles. Le sommet devrait également préparer un nouveau plan d’action Russie-Afrique pour la période 2027-2029.
Le Gabon : agriculture, sécurité et numérique au premier plan Pour le Gabon, le sommet offre une tribune pour rechercher de nouveaux partenariats dans des secteurs correspondant à ses priorités de diversification économique. La préparation de la participation gabonaise est conduite autour de plusieurs axes, notamment la sécurité, l’agriculture et la sécurité alimentaire, ainsi que la transformation numérique. Le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a présidé le 23 septembre une réunion interministérielle consacrée à cette participation. Libreville peut ainsi utiliser le forum pour présenter ses besoins en matière de transformation agro-industrielle, de technologies numériques, de formation, d'infrastructures et de développement des chaînes de valeur. La relation russo-gabonaise possède par ailleurs un historique diplomatique de plus de cinquante ans, les deux pays ayant établi leurs relations en 1973. La question centrale pour la délégation gabonaise sera donc de déterminer quels engagements peuvent déboucher sur des réalisations mesurables et compatibles avec les priorités nationales.
Les « 30 pays » : une précision importante Les autorités russes ont annoncé à la mi-juillet que plus de 30 pays africains avaient déjà confirmé leur participation. Cette information a ensuite été reprise par plusieurs médias. En revanche, au 29 septembre 2026, je ne trouve pas de source officielle publiant une liste consolidée des 30 pays déjà confirmés. Il serait donc trompeur de présenter une liste de 30 États comme une liste officielle définitive. Les pays dont la participation a été explicitement confirmée ou publiquement annoncée comprennent notamment le Ghana, Madagascar, l'Afrique du Sud, le Mali, l'Ouganda, ke Kenya, l'Égypte, la Guinée-Bissau, le Burundi, le Soudan. Le Gabon participera officiellement à ce forum et il sera représenté par un chef de délégation. À cette liste s'ajoutent les pays du Sahel (Burkina Faso, Mali et Niger), dont les dirigeants ont été formellement invités par Sergueï Lavrov en septembre, mais dont la confirmation individuelle n'est pas établie par cette source. Au total, 30 pays figuraient parmi ceux cités par les responsables russes comme ayant confirmé leur participation à la mi-septembre.
En somme, le sommet de Moscou constitue pour l'Afrique une occasion de diversifier ses partenariats et de négocier des intérêts économiques, technologiques, énergétiques et diplomatiques. Pour le Gabon, il peut surtout servir à rechercher des partenariats ciblés dans l'agriculture, la sécurité alimentaire, le numérique, les infrastructures et la formation. Mais l'efficacité du rendez-vous se mesurera à la capacité des participants à passer des déclarations politiques aux projets financés et exécutés.
