Gabon : une nouvelle filière pour encadrer le commerce de la viande de brousse
Le Gouvernement prépare une stratégie destinée à légaliser et structurer une activité informelle, tout en protégeant la biodiversité et en renforçant les revenus des acteurs.
L e Conseil des ministres a pris bonne note de deux communications présentées par le ministre. La première porte sur la Stratégie nationale de gestion de la chasse et du commerce de la viande de brousse (2026-2030). Inscrite dans le Plan national de croissance et de développement (PNCD), cette stratégie vise à concilier création d’emplois, développement rural, souveraineté alimentaire et conservation de la biodiversité.
Le Gabon entend mieux encadrer la chasse et le commerce de la viande de brousse à travers une stratégie nationale couvrant la période 2026-2030. L’objectif est de faire d’une activité encore largement informelle une filière économique moderne, légale et durable. Aujourd’hui, le caractère informel du secteur limite les recettes de l’État, fragilise les revenus des acteurs et favorise le développement de circuits illicites sans traçabilité. La nouvelle stratégie devra donc améliorer l’organisation de la filière, renforcer les mécanismes de contrôle et garantir une meilleure connaissance des volumes commercialisés. La traçabilité permettra également de lutter contre les pratiques illégales, de protéger les espèces menacées et de mieux distinguer la chasse destinée à l’alimentation des activités incompatibles avec la conservation de la biodiversité.
La réforme présente un intérêt économique majeur pour les zones rurales. En légalisant et en professionnalisant les activités liées à la chasse, au transport, à la transformation et à la commercialisation, elle pourrait créer des emplois et améliorer les revenus des communautés locales. Elle devrait aussi favoriser l’émergence d’acteurs mieux organisés, capables de respecter des normes sanitaires, commerciales et environnementales. Cette structuration contribuerait à renforcer la sécurité alimentaire et à soutenir l’économie rurale. La stratégie devra trouver un équilibre entre les besoins alimentaires des populations, la protection des ressources fauniques et la préservation des écosystèmes. Une gestion durable de la chasse suppose notamment de définir des règles claires, des périodes autorisées, des espèces protégées et des mécanismes de suivi. L’enjeu est d’éviter la surexploitation de la faune tout en reconnaissant la place de la viande de brousse dans l’alimentation et les revenus de nombreuses communautés. Une filière mieux encadrée pourrait accroître les recettes publiques grâce à une fiscalité adaptée et à une meilleure déclaration des activités. Elle permettrait également de réduire les pertes liées à la fraude et au commerce clandestin. Pour les acteurs, la légalisation devrait offrir un cadre plus sécurisé, faciliter l’accès à la formation et améliorer les conditions de travail. La réussite de la réforme dépendra toutefois de la simplicité des procédures, de l’accompagnement des professionnels et de l’application équitable des règles.
La mise en œuvre de la stratégie nécessitera la participation des communautés rurales, des chasseurs, des commerçants, des collectivités locales, des services de l’État et des organisations de conservation. Cette concertation sera essentielle pour adapter les mesures aux réalités du terrain et prévenir les effets sociaux indésirables. Le renforcement des contrôles devra s’accompagner de solutions alternatives pour les populations dépendantes de cette activité, afin d’éviter que la réglementation ne pousse davantage les acteurs vers la clandestinité. À travers cette stratégie, le Gouvernement entend promouvoir une gestion responsable de la chasse et du commerce de la viande de brousse. En conciliant création d’emplois, développement rural, souveraineté alimentaire et conservation de la biodiversité, le Gabon cherche à transformer une activité informelle en une filière économique organisée, traçable et durable.
