Hôpital Sino-Gabonais : La ministre Pr Elsa Nkana Bivigou renoue le dialogue et apaise le climat social
Le dialogue a repris à l'Hôpital de la Coopération sino-gabonaise.
U n déplacement d'apaisement alors que l'établissement, l'un des plus fréquentés de la capitale, était secoué par un mouvement d'humeur de ses agents. Les raisons de la grogne : les primes au cœur du conflit : Selon les informations recueillies sur place, le malaise est ancien et récurrent. Comme lors des précédents mouvements enregistrés dans cet hôpital, le personnel dénonce la suppression, la suspension ou la réduction de leurs primes.
Dans le secteur de la santé au Gabon, ces revendications portent traditionnellement sur deux points précis : • La prime de logement • La prime de servitude et d'ancienneté, communément appelée prime hospitalière À cela s'ajoutent, selon les agents rencontrés, des retards de paiement, la dégradation des conditions de travail et un déficit de dialogue social avec la direction. Un climat de tension qui, en 2024 déjà, avait failli déboucher sur une grève générale du personnel.
La méthode Bivigou : l'écoute sur le terrain Face à la situation, la ministre a choisi le contact direct. Au lieu d'une simple note administrative, le Pr Bivigou a tenu une assemblée générale avec les représentants du personnel, les médecins, les infirmiers et le personnel d'appui.
Objectif affiché : écouter, rassurer et rétablir la confiance. "Il n'y a pas de réforme de notre système de santé sans l'adhésion du personnel. Le dialogue doit rester notre première arme", a-t-elle rappelé à ses collaborateurs ces dernières semaines. La ministre, qui multiplie depuis son installation les visites de terrain - du CHUL à l'Institut d'Hygiène Publique - entend ainsi éviter la paralysie d'un hôpital stratégique. L'établissement, qui a basculé mi-juillet dans la digitalisation avec eGabon SIS, assure près de 10 000 consultations par mois et joue un rôle de délestage crucial lorsque le Centre Hospitalier Universitaire de Libreville est en grève.
À l'issue de la rencontre, la ministre a promis l'ouverture d'une commission d'examen rapide des situations de primes et s'est engagée à veiller à la régularisation des droits. Le personnel, de son côté, a accepté de suspendre son mouvement et de reprendre pleinement le travail, dans l'attente de mesures concrètes.
Une sortie de crise à l'amiable qui évite, pour l'heure, une nouvelle paralysie du secteur de la santé publique.
