Loi de finances rectificative 2026 : le budget de l'Etat pris en otages par la fonction publique
Le chiffre est vertigineux et il signe l'échec d'un modèle de type "États-providence". Selon la loi de finances rectificative 2026, l'État gabonais va engloutir 1.246,6 milliards de FCFA pour la seule fonction publique.
L e détail est accablant : 958,6 milliards de masse salariale, auxquels s'ajoutent 158,4 milliards fcfa pour le fonctionnement plus 94 milliards de primes et indemnités ainsi que 35,6 milliards de rappels de soldes soit 129,6 milliards de bonus hors salaire.
Au total, près d'un tiers du budget général de l'État part pour entretenir une administration publique qui emploie 115.000 personnes sur les 2,5 millions de gabonais. Un tiers du budget pour quelle productivité : Des administrations vides le matin, pléthoriques l'après-midi, où trois agents font le travail d'un seul. Des écoles sans enseignants devant les élèves, des hôpitaux sans médecins dans les salles, mais des directions et des agences où s'entassent les chargés d'études, les conseillers et les primes appréciables.
Pendant ce temps, que reste-t-il pour les Gabonais économiquement faibles ? Rien. Ou presque. Quand plus de 1.246,4 milliards partent dans les salaires et le fonctionnement, il ne reste que des miettes notamment pour l'action sociale, pour les allocations aux plus démunis, pour la construction de logements sociaux, pour l'action sociale au plus démunis, les infrastructures de bases et pour le développement des collectivités territoriales. Le gouvernement préfère payer des rappels à des fonctionnaires fantômes plutôt que de payer des bourses aux étudiants. Il préfère arroser de primes une haute administration improductive plutôt que de financer le panier de la ménagère gabonaise qui explose.
Ce choix est politique et il est suicidaire. Un État qui consacre un tiers de sa richesse à s'entretenir lui-même n'est plus un État au service du peuple, c'est un État qui vit contre son peuple. Il est urgent de dégraisser le mammouth : audit réel des effectifs, suppression des doublons administratifs, gel des primes injustifiées, et surtout, plafonnement strict de la masse salariale à 40% des recettes propres comme le recommandent toutes les institutions.
Le Gabon ne sortira pas du sous-développement en entretenant une fonction publique obèse et rente. Il en sortira en investissant sur les Gabonais qui produisent, pas sur ceux qui émargent.
