LFR 2026 : LE BUDGET "INHUMATION" EXPLOSE DE 151% - LE GOUVERNEMENT DOIT S'EXPLIQUER
+ 6,2 milliards pour les enterrements : La hausse choc de la LFR 2026.
C 'est un chiffre qui glace le sang. Et qui en dit long sur les priorités de l'heure. D'après la loi de finances rectificative 2026 publiée au Journal Officiel, le budget des dépenses d'inhumation passe de 4,1 milliards de FCFA dans la loi initiale à 10,3 milliards de FCFA dans le rectificatif. Soit une hausse sèche de 6,2 milliards de FCFA en quelques mois. Une explosion de 151% du budget consacré à enterrer les morts.
Parallèlement au débat mortifère relatif à la hausse exponentielle du nombre de morts au Gabon, il apparaît que le gouvernement a validé un budget rectificatif inhumation en hausse de plus de 60% du budget initial, et parallèlement le budget affecté aux filets sociaux a baissé de 11% et les aides aux familles diminuent de 99% passant de 29,3 milliards fcfa dans la LFI 2026 à seulement 265,2 millions dans la LFR 2026. Par ailleurs, les dépenses liées aux structures hospitalières régressent de 8% suite à une réduction de 2,7 milliards f.cfa dans la LFR 2026. Le constat est accablant et même inhumain : on met plus d'argent pour enterrer les Gabonais que pour les soigner.
Où est la logique ? Comment expliquer que l'État trouve 6,2 milliards supplémentaires pour financer les obsèques, les cérémonies officielles et les enterrements, mais qu'il soit incapable de trouver un franc de plus pour les filets sociaux, les aides aux familles, les plateaux techniques des hôpitaux, et pour les médicaments ? Cette LFR 2026 est le budget de la mortification. Elle acte qu'il est plus rentable de gérer la mort que de préserver la vie.
Le gouvernement doit s'expliquer devant les Gabonais. D'où vient cette explosion des frais d'inhumation ? S'agit-il de la prise en charge de funérailles d'État à répétition, de marchés funéraires surfacturés, ou d'une simple ligne budgétaire fourre-tout pour dissimuler d'autres dépenses ? Et surtout, quand compte-t-il rectifier le tir pour la Santé, les filets sociaux et les aides aux familles ?
Les Gabonais économiquement faibles ne demandent pas à être bien enterrés par l'État. Ils demandent à être bien soignés de leur vivant. Le Parlement et la Cour des Comptes doivent se saisir de ce dossier.
