Marché monétaire de la BEAC : le Gabon premier emprunteur avec un encours de 3424,1 milliards F.cfa
Le Gabon est en tête des six pays de la CEMAC pour l'encours des titres publics.
À fin juillet 2026, l'encours des titres publics gabonais sur le marché financier de la Banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC) atteint 3 424,1 milliards de FCFA, en forte progression par rapport à 2 624,5 milliards un an plus tôt. Cette hausse d’environ 800 milliards de FCFA reflète une stratégie délibérée du Gabon pour financer ses besoins croissants en investissements publics. Un recours intensifié à l’emprunt souverain sur le marché BEAC, porté par des taux attractifs et une base diversifiée de souscripteurs : • Part de marché : Le pays concentre à lui seul environ 30,5 % de la dette souveraine globale émise sur ce marché régional. • Évolution annuelle : Entre juillet 2025 et juillet 2026, cet encours est passé de 2 624,5 milliards à 3 424,1 milliards de FCFA, soit une hausse notable d'environ 800 milliards de FCFA en un an.
Le coût de la dette gabonaise augmente. Fin juillet 2026, le taux moyen des Obligations du Trésor Assimilables (OTA) a atteint 10,13 %, contre 9 % en juin, traduisant une hausse significative du coût des emprunts à moyen et long terme.
La dette souveraine gabonaise repose principalement sur deux instruments : les Bons du Trésor Assimilables (BTA), destinés au financement à court terme, et les Obligations du Trésor Assimilables (OTA), utilisées pour des maturités plus longues.
À fin juillet 2026, environ 60 % de l’encours était constitué de BTA, contre 40 % d’OTA. Les BTA, dont les échéances sont inférieures à un an, affichent des taux moyens oscillant généralement entre 6 % et 6,5 %. La situation est toutefois différente pour les OTA. Les taux appliqués à ces emprunts à moyen et long terme ont fortement progressé pour atteindre 10,13 % en juillet 2026. À titre de comparaison, le Cameroun empruntait, sur la même période, à un taux moyen d’environ 7,36 %.
Parallèlement, pour ses emprunts obligataires réalisés par syndication au cours du premier semestre 2026, l’État gabonais a proposé des taux fixes compris entre 6 % et 6,5 %. Les ressources mobilisées servent notamment au financement des infrastructures, notamment dans les secteurs des transports, de l’énergie et de l’hydraulique, mais également à la diversification de l’économie et au financement des secteurs sociaux tels que la santé et l’éducation. Selon les données avancées, le Gabon concentrerait environ 30,5 % de l’ensemble de la dette souveraine émise sur le marché de la CEMAC, devant le Cameroun et le Congo.
Si cette position témoigne de la capacité du pays à mobiliser des ressources importantes sur le marché financier régional, la hausse des taux sur les emprunts à long terme pose également la question du poids futur du service de la dette sur les finances publiques gabonaises.
