Submersion migratoire : le Gabon serait-il devenu une ONG?
Pendant que les Gabonais subissent le chômage et la vie chère, le pays continue d'être une passoire migratoire. Il est temps de passer de la communication à l'action.
2 1 clandestins interceptés au Cap Estérias. Un chiffre qui s'ajoute à une réalité statistique accablante : plus de 1,2 million d'étrangers recensés au Gabon. Félicitations aux FDS pour leur vigilance, mais l'interpellation du jour ne doit pas cacher l'échec d'hier. Face à une submersion migratoire qui pèse sur l'emploi, le logement et la sécurité, l'État gabonais doit rompre avec des décennies de laxisme et imposer une politique migratoire ferme, souveraine et assumée.
L'opération est à saluer. Nos Forces de Défense et de Sécurité ont, une fois de plus, fait leur travail au Cap Estérias en interceptant 21 personnes qui tentaient d'entrer illégalement sur le territoire national. Sans elles, à moins un près, le compteur serait passé de 1.200.256 à 1.200.277. Mais peut-on se contenter de féliciter l'arbre qui cache la forêt ? Comment expliquer ce paradoxe qui saute aux yeux de tous les Gabonais ? D'un côté, un peuple qui dénonce les 34% de chômage, la vie chère, le manque d'opportunités, l'impossibilité pour notre jeunesse d'entreprendre. De l'autre, un pays qui reste perçu comme un Eldorado par des milliers de personnes prêtes à risquer leur vie pour y entrer illégalement. La réponse est simple : le Gabon est devenu une passoire par laxisme d'État. Depuis trop longtemps, l'immigration massive, notamment clandestine, est tolérée, banalisée, voire organisée par des réseaux bien connus. Cartes de séjour non contrôlées, frontières poreuses, complicités administratives, absence de politique de reconduite à la frontière. Le message envoyé est clair : on peut entrer et s'installer au Gabon sans respecter aucune règle.
Cette situation n'est plus tenable. Elle est une injustice faite aux Gabonais d'abord, et une menace pour notre cohésion nationale. Pour juguler cette immigration massive, des solutions pratiques, fermes et républicaines existent : 1. Sanctuariser nos frontières : Dotation des FDS en moyens modernes de surveillance maritime, terrestre et aérienne (drones, radars côtiers, vedettes rapides), avec une présence permanente aux points chauds comme le Cap Estérias, Cocobeach et Mayumba. 2. Auditer et refonder le fichier de l'immigration : Un audit complet et transparent du fichier des étrangers au Gabon, couplé à la mise en place d'une carte biométrique infalsifiable avec renouvellement annuel conditionné à un emploi légal et à un casier judiciaire vierge. 3. Tolérance zéro contre les filières : Sanctions pénales lourdes et immédiates contre les passeurs, les logeurs et tout agent public complice. Publier chaque trimestre le bilan des reconduites à la frontière. 4. Le principe de préférence nationale à l'emploi : Interdire l'accès aux secteurs informels et à certains métiers aux personnes en situation irrégulière et conditionner tout recrutement d'un étranger à la preuve qu'aucun Gabonais n'est disponible pour le poste.
Le Gabon est une terre d'hospitalité, mais l'hospitalité n'est pas la naïveté. Un État qui ne contrôle pas qui entre chez lui ne contrôle plus son destin.
