Forum économique et social de Chine 2026 : Le Gabon joue la carte du partenariat stratégique à Shanghai
En mission à Shanghai du 15 au 16 septembre, le président du CESEC Guy Bertrand Mapangou veut porter la voix de Libreville sur la gouvernance mondiale et orienter les investissements chinois vers la diversification de l'économie gabonaise.
L e Gabon participe au Forum économique et social de Chine 2026 à Shanghai. Arrivé le 13 septembre, Guy Bertrand Mapangou, président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), a été accueilli par son homologue chinois Shu Qiming. Au-delà du symbole diplomatique, cette présence traduit la volonté de Libreville de consolider le Partenariat Stratégique de Coopération Globale avec Pékin et de dépasser le modèle centré sur les matières premières.
LIBREVILLE / SHANGHAI – La diplomatie économique gabonaise poursuit son ancrage en Asie. Prenant part, du 15 au 16 septembre, au Forum économique et social de Chine 2026, le président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) du Gabon, Guy Bertrand Mapangou, a été accueilli dimanche à son arrivée à Shanghai par Shu Qiming, vice-président du Conseil économique et social de Chine et ancien secrétaire général de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC). Selon les informations officielles, les deux responsables ont eu un long échange au salon d'honneur de l'aéroport, autour d'un thé traditionnel offert en signe de bienvenue – un geste présenté comme l'illustration de la qualité des relations entre les deux institutions.
Une voix africaine pour un multilatéralisme réformé Le thème de cette édition est au cœur de l'offensive diplomatique chinoise : « Améliorer le système de gouvernance mondiale et progresser vers une communauté d’avenir partagé pour l’humanité ». Pour Libreville, l'enjeu est double. Politique d'abord : s'inscrire dans le discours sur le multilatéralisme inclusif promu par Pékin, à un moment où le Gabon de la Ve République, dirigé par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, cherche à diversifier ses alliances internationales. « Le Gabon vient ici en tant qu’ami et partenaire, avec une voix singulière, mais profondément attachée à l’avenir commun de l’humanité », a déclaré Guy Bertrand Mapangou dans le communiqué parvenu à l'AGP.
Analyse : au-delà du manganèse et du pétrole Cette participation du CESEC – institution consultative nommée en décembre 2025 et désormais présidée par l'ancien ministre et conseiller spécial Guy Bertrand Mapangou – n'est pas anecdotique. La Chine est le premier partenaire commercial du Gabon et le cadre a été rehaussé en 2024 au rang de Partenariat Stratégique de Coopération Globale. Dans sa déclaration conjointe, Pékin s'était engagé à encourager davantage d'entreprises à investir et à s'implanter au Gabon, à participer à la construction d’infrastructures en matière de routes, d’électricité, d’information et de communication.
L'objectif affiché par la délégation gabonaise à Shanghai est précisément de concrétiser cette promesse au-delà des ressources naturelles. Après le Forum Gabon-Chine qui avait permis de mobiliser plus de 4,3 milliards USD d'investissements privés pour le barrage de Booué (600 MW) et une ville nouvelle, Libreville pousse désormais pour : La transformation locale : passer d'un modèle d'exportation brute (manganèse, bois, pétrole) à des co-entreprises industrielles, pharmaceutiques – à l'image de l'usine de Nkok visitée par le CESEC en 2026 – et agricoles.
La gouvernance sociale : le CESEC, en tant que voix de la société civile organisée, porte les thématiques environnementales et culturelles qui rassurent les investisseurs sur la durabilité. L'effet de levier diplomatique : en défendant l'amélioration de la gouvernance mondiale, le Gabon se positionne comme un interlocuteur crédible pour attirer des financements verts et technologiques chinois.
Le test, pour Mapangou, sera de transformer l'accueil protocolaire shanghaïen en feuille de route : des mémorandums d'entente sectoriels, un calendrier de foires commerciales mixtes, et surtout, la création d'emplois locaux autour des investissements chinois.
