Rachat d'Assala Energy : un pari qui commence à porter ses fruits
Le pétrole : un pari qui commence à porter ses fruits Les craintes exprimées en 2024 ne se sont pas matérialisées, c'est un fait vérifiable
1 . Le financement a tenu.* L'acquisition de 1,3 milliard de dollars a été bouclée en juin 2024 avec le soutien financier de Gunvor (800 millions de dollars), sans que le trader ne détienne de parts dans Assala — Gunvor dispose d'un contrat de commercialisation du brut.
2. La production a été maintenue, voire renforcée.* Après un pic de 56 000 barils/jour en 2025 , la mise en production de Grand N'Gongui le 12 avril 2026 a ajouté environ 10 000 barils/jour, portant Assala au-delà de 60 000 barils/jour . L'objectif affiché est de 67 000 barils/jour d'ici fin 2026.
3. Le pari du « rajeunissement » fonctionne.* Grand N'Gongui — jusqu'à 350 millions de barils en place et un programme de 60 puits — a été livré en seulement 12 mois . S&P Global souligne que le PDG d'Assala vise un plateau d'au moins 15 000 b/j pour ce champ à horizon de trois ans.
4. L'exploration relance le cycle.* La découverte de Magoga-A (mars 2026, plus de 8 mètres d'hydrocarbures dans la formation de Gamba) reste à évaluer commercialement, mais c'est un signal réel.
Mais trois réserves s'imposent : - Le calcul de 1 000 milliards de FCFA de chiffre d'affaires brut est arithmétiquement correct (21,9 M barils × 70 USD), mais le net qui revient à l'État après coûts, investissements et dette est l'indicateur décisif — et il est encore mal connu publiquement. - Le Gabon dépend de Gunvor pour le financement et la commercialisation : c'est une forme de dépendance, pas une souveraineté totale. - Le déclin structurel des champs matures n'est pas enrayé, il est seulement compensé. Et une ombre existe : le parquet suisse s'intéresse à certains aspects du montage Gunvor (l'entreprise affirme ne pas être visée et n'avoir identifié aucune corruption).
En résumé, oui, le pari d'Assala Energy est en train d'être gagné, au moins opérationnellement — production maintenue, nouveau champ livré à temps, exploration relancée, retour d'acteurs comme ExxonMobil et BP en offshore. La vraie question reste économique : combien le Trésor public captera-t-il réellement, et à quel rythme la dette liée à l'acquisition sera-t-elle remboursée ?
