Réforme de l’ONU : le Gabon plaide pour deux sièges permanents réservés à l’Afrique
Vice-président de la 81e session de l’Assemblée générale, Libreville veut faire entendre la revendication africaine sur la réforme du Conseil de sécurité et porte également un agenda autour de la souveraineté numérique.
L e Gabon profite de sa présence au Bureau de la 81e Assemblée générale des Nations unies pour défendre une représentation accrue de l’Afrique au Conseil de sécurité. Libreville met également en avant les enjeux liés à l’intelligence artificielle et à l’autonomie numérique.
Le Gabon entend profiter de sa position au sein de l’Assemblée générale des Nations unies pour remettre la question de la représentation africaine au cœur des débats. Le pays fait partie des vice-présidents de la 81e session de l’Assemblée générale, aux côtés de plusieurs autres États africains. Cette responsabilité place Libreville au sein du Bureau de l’Assemblée générale, chargé notamment d’accompagner l’organisation des travaux de la session. La 81e session, ouverte le 8 septembre 2026, connaît son temps fort avec le débat général organisé du 22 au 28 septembre à New York.
Au centre de la position défendue par le Gabon figure la réforme de la gouvernance mondiale, et notamment celle du Conseil de sécurité. Libreville soutient la revendication portée depuis plusieurs années par les pays africains : l’attribution de deux sièges permanents à l’Afrique, assortis du droit de veto, ainsi que de deux sièges non permanents supplémentaires. Cette demande s’inscrit dans une réflexion plus large sur la représentativité du système multilatéral. Lors de sa rencontre avec la ministre gabonaise des Affaires étrangères, le 25 septembre, le président de la 81e Assemblée générale a d’ailleurs échangé avec elle sur les priorités du Gabon, parmi lesquelles figurent la réforme de l’ONU et le renforcement du multilatéralisme. La revendication de deux sièges permanents africains n'est par ailleurs pas nouvelle : elle figure depuis plusieurs années dans les prises de position africaines sur la réforme du Conseil de sécurité.
Au-delà de la réforme des institutions internationales, le Gabon veut également inscrire les questions technologiques dans son agenda diplomatique. Le pays met notamment en avant la nécessité de développer une intelligence artificielle souveraine, inclusive et encadrée par des principes éthiques. Cette orientation accompagne les réflexions engagées à Libreville autour d’une future stratégie nationale consacrée à l’intelligence artificielle. Le Gabon cherche également à renforcer sa présence dans les instances internationales chargées du numérique et des télécommunications, dans un contexte où la gouvernance des nouvelles technologies devient un enjeu croissant pour les États.
Entre réforme du Conseil de sécurité et souveraineté numérique, le Gabon cherche ainsi à inscrire sa diplomatie dans deux dossiers majeurs : la place de l’Afrique dans les institutions mondiales et la maîtrise des technologies stratégiques. Sa participation au Bureau de la 81e session lui offre, dans ce cadre, une plateforme supplémentaire pour défendre ses priorités et relayer les positions africaines au sein du système multilatéral.
