ONU : Le Gabon signe deux traités historiques contre les menaces nucléaire et cyber
En marge de la 81e Assemblée générale à New York, Libreville affirme son retour au cœur du multilatéralisme et renforce sa doctrine de paix et de sécurité numérique.
E n marge de la 81e Assemblée générale de l’ONU à New York, le Gabon a signé deux instruments internationaux majeurs : le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires et la Convention des Nations unies contre la cybercriminalité. À travers ces engagements, Libreville réaffirme son attachement à la paix, à la sécurité collective et à la coopération numérique. Prochaine étape : leur ratification par le Parlement gabonais.
NEW YORK / LIBREVILLE – Le Gabon a franchi un pas diplomatique majeur. Le pays a signé, le 24 septembre 2026 à New York, le Traité sur l'interdiction des armes nucléaires et la Convention des Nations unies contre la cybercriminalité, en marge de la 81e Assemblée générale de l'ONU. La signature a été apposée mercredi, au nom de l'Etat gabonais, par la ministre des Affaires étrangères, de la Coopération, de l'Intégration et de la Diaspora, Marie-Édith Tassyla-Ye-Doumbeneny, qui a représenté le Gabon lors de plusieurs engagements en marge de la 81e Assemblée générale. Selon l'Agence gabonaise de presse, c'est en marge de la semaine de haut niveau de l'Assemblée générale que la ministre a signé les deux instruments au nom de l'Etat gabonais. Il s'agit de deux traités aux portées très différentes, mais au même objectif : la sécurité collective. 1. Le TIAN, un choix politique et historique Le Traité sur l'interdiction des armes nucléaires (TIAN), adopté en 2017 et entré en vigueur en 2021, interdit totalement le développement, la possession et l'emploi de l'arme atomique. D'après les derniers registres de l'ONU, le traité compte actuellement 95 États signataires et 75 États parties.
Pour le Gabon, l'intérêt est triple : Cohérence diplomatique : En tant qu'Etat partie au Traité de Pelindaba qui fait de l'Afrique une zone exempte d'armes nucléaires, Libreville confirme sa doctrine pacifiste. Capital politique : Au moment où le Gabon fait son entrée au Bureau de l'Assemblée générale, cette signature renforce son image d'acteur responsable, crédible pour porter la voix de l'Afrique sur la réforme du Conseil de sécurité. Protection environnementale : C'est aussi un rempart juridique contre l'utilisation du continent comme terrain d'essais ou de stockage de déchets nucléaires. 2. La Convention contre la cybercriminalité, une réponse pragmatique Le second texte est la Convention des Nations unies contre la cybercriminalité, dite Convention de Hanoï. C'est le premier traité mondial complet sur le sujet. Adopté par l'Assemblée générale en décembre 2024 et ouvert à la signature en octobre 2025 à Hanoï, il est ouvert à la signature à Hanoï en 2025, puis au Siège de l'ONU à New York, jusqu'au 31 décembre 2026.
Pour le Gabon, l'enjeu est immédiat et concret : Sécuritaire : Face à l'explosion des fraudes bancaires en ligne, des rançongiciels visant les administrations et de la désinformation, le pays se dote d'un cadre pour l'entraide judiciaire internationale, l'extradition et le partage de preuves électroniques. Économique et numérique : La signature sécurise la stratégie "Gabon Digital" et améliore la confiance des investisseurs. Aucune économie numérique ne peut se développer sans cadre légal contre la cybercriminalité. Capacitaire : La Convention prévoit assistance technique et renforcement des capacités pour les polices, magistrats et CERT nationaux. Prochaine étape : la ratification. La signature n'est pas la ratification. Les deux textes devront désormais être transmis au Parlement gabonais. Une fois ratifiés, ils obligeront Libreville à adapter son droit interne, mais lui donneront aussi le droit de siéger comme Etat partie et de peser sur les futures règles mondiales du nucléaire et du cyberespace.
