Pourquoi Fitch Rating abaisse encore la note souveraine du Gabon ?
L’agence de notation place le Gabon au bord du gouffre, une note CCC-, alerte défaut imminente.
F itch Ratings a abaissé la note souveraine du Gabon à CCC- (devises étrangères) et CC (monnaie locale) fin décembre 2025, signalant un risque "substantiel" de défaut dans un contexte de crise aiguë de liquidités et d'absence de programme FMI. Cette dégradation, la plus basse catégorie d'investissement, reflète des déficits budgétaires explosifs (6,1% du PIB en 2025 vs 3,7% en 2024) et des arriérés cumulés à 13,2% du PIB.
Pressions chiffrées insoutenables : La dette publique fonce vers 80,4% du PIB en 2025, 85,5% en 2026 et 86,7% en 2027 – bien au-delà de la médiane des pairs notés CCC. Échéances massives : 8% du PIB en bons locaux en 2026, plus 2,8% externes, avec un déficit de trésorerie projeté à 4,1% du PIB, alimenté par un accès bouché au marché CEMAC et un soutien créancier en berne.
Diagnostic : impasse post-pétrole : Certains experts diagnostiquent une trajectoire périlleuse : la hausse Brent à 78 $ offre un sursis (hausse recettes de 15%), mais ne compense ni l'assouplissement budgétaire post-2023 (+40% à 7 233 milliards FCFA) ni les arriérés officiels (+0,7% PIB). Sans FMI pour refinancer, Libreville risque un défaut technique d'ici mi-2026, isolant le Gabon des marchés et accélérant la fuite des capitaux. Oligui Nguema doit trancher : austérité drastique ou restructuration douloureuse.
Mesures urgentes pour conjurer le défaut de paiement : austérité et sauvetage FMI Face à la note CCC- de Fitch, le Gabon doit engager un choc budgétaire immédiat pour éviter un défaut technique d'ici mi-2026, combinant coupes drastiques et refinancement externe.
Priorités chiffrées : • Gel des dépenses non essentielles : raboter 20% des 7 233 milliards FCFA du budget 2026 (1 446 milliards d'économies), ciblant subventions énergétiques (15% du budget) et nominations récentes, ramenant le déficit de 6,1% à 3% du PIB. • Recettes pétrolières optimisées : capter pleinement la hausse Brent (78 $ = +275 milliards FCFA), via audit TotalEnergies et lutte anti-contrabande (pertes estimées à 100 milliards). • Arriérés réglés prioritairement : honorer 13,2% du PIB d'arriérés fournisseurs pour libérer 4,1% PIB de liquidités bloquées.
Voie royale : programme FMI Négocier d'urgence un accord FMI (1 000-1 500 milliards FCFA) pour refinancer 8% PIB d'échéances 2026, suspendre intérêts et imposer réformes (diversification hors-pétrole). Sans cela, l'emprunt CEMAC de 85 milliards s'avère goutte d'eau face à 1 200 milliards de trou. Oligui Nguema : austérité politique ou crash inévitable.
